02.09.2006

Les jeunes filles bien

La jeune fille marche, déambule. Elle traverse une rue, fabule. « Je n’en veux plus, se dit-elle, je n’en veux plus de cette vie. » Une auto passe, la klaxonne. « Vas te faire foutre! » lui hurle-t-elle.

Les rues sont toutes pareilles. Bordées d’érables, les maisons cossues s’entassent. Les unes après les autres, comme si elles faisaient la file. Elles attendent. Quoi? Bonne question.

Eux, ils sont tous là, tondeuse ou laisse à la main, convaincus que c’est bien de ne penser à rien.

Une petite famille, un garage double. Elle entend hurler à l’aide. « Tant pis, ça ne me concerne pas. Ça vient sûrement de l’autre côté. »

Il y a une rue, dans ce quartier, qui sépare, comme au couteau, le nord du sud, l’argent des pauvres gens, ceux qui se tapent sur la gueule de ceux qui s’engueulent.

De son côté, il y a une dame qui promène son chien chaque matin et un avocat qui change de femme chaque mois. « Quelle différence? Elles sont toutes pareilles. » Des enfants, il n’en voulait pas. Et c’est ainsi qu’elle et sa soeur sont nées. Elles sont chanceuses, école privée, souliers cirés.  

Mais les jeunes filles bien, après l’école, enlèvent leur uniforme et enfilent mini-jupe et talons hauts pour se défoncer la gueule en troupeau. Soirées arrosées, moeurs dissolues... et hop! retour vers le polo, la queue de cheval et le sac à dos.

Un jour, elles en ont marre. Papa a déserté la maison ; des spiritueux plein les armoires. Le troupeau se reforme, jolies demoiselles et sportifs en mal de sensations fortes. Pseudo-intellos et artistes incompris.

L’une se jette dans la rivière.

L’autre, du deuxième étage.

Ouch, ça fait mal. 

 

Où est Papa? Réveille-toi Papa. Papa?

 

Il ne se réveillera pas. Il a été anesthésié. Par la société.

31.08.2006

Le soleil et la lumière

Le jour se lève, tranquillement sur des rideaux fermés. Il s’étire lentement, caresse les nuages, réveille le soleil. « C’est l’heure! »

-- Non. Pas encore. Je veux dormir.

Alors, le jour se lève, seul. Le ciel est bleu, azuré, marbré de blanc. Du nougat dans du chocolat bleu. Mais il n’y a pas de soleil. Les gens se réveillent, contents de la belle journée qui les attend. Puis, ils tondent le gazon, brossent le chien, comme si de rien n’était.

Lui, il se lève tard. Cheveux noirs, coiffés sur le côté, dernière mode. Il sort, se demandant ce qui manque. « Bah. Je ne sais pas. » Il met ses écouteurs. Il n’entend plus rien. De la musique qui rend épileptique. Celle que les gens écoutent pour oublier, pilule dans une main, verre dans l’autre, que la vie est une salope. Celle qui rassemble, par milliers, les jeunes colorés qui vont suer tous ensembles sous les lumières agressantes des stroboscopes. Il fonce dans une jeune dame. Il la trouve jolie. Elle lisait en marchant. « Quelle lunatique! »

Au même moment, son téléphone sonne. Trois heures plus tard. Une poubelle remplie de capotes. Les oreilles qui bourdonnent à cause de son babillage incohérent. « Je dois y aller. »

En ressortant, il recroise la jeune demoiselle. Sa jupe est courte, son décolleté, plongeant et ses souliers, vertigineux. Puis il cligne des yeux. Non, elle porte un jeans, une camisole et des souliers plats. Cette fois, elle l’évite à temps. Lui, il l’oublie aussitôt. Soudain, il réalise : « Où est le soleil? » Alors, il s’exclame : « Wow! On n’a même pas besoin du soleil pour avoir de la lumière. Génial! »

Plus tard, il rentre chez lui, se regarde dans le miroir. « J’en ai marre. » Une lame de rasoir. Du sang. Des cicatrices. Sa fenêtre était grande ouverte. Elle est dans le parc près de chez lui. « Elle est belle » se dit-il. Leurs regards se croisent, pendant un instant, le temps s’arrête. Puis, son téléphone sonne, encore. « Mais qu’est-ce que tu veux? »

-- Toi. Et toi, qu’est-ce que tu veux?

-- Je ne veux rien. Je suis perdu.

La jeune fille détourne le regard, comme honteuse d’avoir surpris cet instant de vulnérabilité.

Elle replonge dans son livre.

Il rejoint l’autre.

 

Et c’est fini.

Deep Blue Sea

Je vous préviens. La prochaine note, pour moi, c’était comme expectorier une bouchée qui m’étouffait. Alors c’est normal que ça ressemble à du vomis.

Liste des entrées

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M. Étoile

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Effacer entrée?

M.Étoile

(514)XXX-XXXX

 

Ok.

 

Entrée effacée.

 

Il y a des films qui font comme un coussin. Tout doux, comme un bonbon. Aucune réflexion et que de l’action. Pendant ce temps, votre cerveau se berce doucement dans un recoin de votre crâne, en chantant des chansons. Il se repose, il ne faut pas le déranger.


Des requins, immenses, mangent des humains, les uns après les autres. Un jour, qui sait, attrapperont-ils M.? Ils sont méchants, ils ont des dents. Et moi, j’ai une cervelle stupide qui en a marre. Marre de tout. Vivement les requins! Bouche ouverte, yeux vitreux, noirs, où rien ne transparait. Pas une goutte de pitié, pas de sentiments. Ils étaient sur la Terre bien avant nous. Quand Dieu, Dame Nature, je ne sais, les a créés, il/elle n’y est pas allé de main morte. De la durabilité, de la viabilité. Le cartilage, ça plie ; les os, ça casse. Une âme molle (voilà le vomis littéraire qui commence), ça plie, mais une tête et un coeur comme les miens, ça ne plie pas. Ça casse. Doucement, en silence. Puis, on recommence! Pourquoi ne se lasse-t-on jamais? Pourquoi est-ce que je vis à la surface (je veux être la petite sirène, ok !)? Qui a dit que la terre était hospitalière? Les mammifères marins, eux, ils ont compris. Ils sont retournés patauger.

 
Le film est fini. La scientifique folle s’est lancée au devant du squale, les mains ensanglantées, le regard dément. « Come to Mama. » s’écrit-elle en se lançant lourdement dans le bassin de la bête aux dents acérées. Moi, M. Étoile, je ne l’ai pas créé par génie génétique... je me serais un peu plus appliquée côté personnalité et conscience sociale, quand même. Alors, il peut bien s’enfuir, je ne me présenterai pas à lui comme un appât, les bras en croix, pour qu’il me dévore.

Je sais, Deep Blue Sea est un film pathétiquement nul, me dis-je encore, à la 10e écoute...

30.08.2006

Il n'appellera sûrement pas...(suite)

Haha! Il a rappellé. Lisez plus bas.

Bof

Bof!... Bof! Non, mais quoi encore, stupide esprit tordu qui loge dans ma dure dure de caboche. Pour qui est-ce que tu te prends? Tu crois que je vais penser "bof"! Tu crois que je vais ressentir « bof »! Qui es-tu pour me dire ça? Ah oui, mon système nerveux, c’est vrai, j’oubliais.

Bon, d’accord, les personnes qui pensent que leur système nerveux se trompe peuvent légèrement être considérées comme givrées… À peine…

Moi, c’est différent. Je ne dis jamais « bof ». Amis qui me lisez, aidez-moi, les autres, lisez, vous allez voir, c’est divertissant. Dans la vie, moi, c’est « Oh que oui!! » ou « Jamais d’la vie!! » Pas « bof ». Quelle connerie!

Voilà l’histoire, la vraie, de ce qui s’est passé entre moi et M. Étoile. Je sais que c’est un pseudonyme ridicule mais c’est le seul qui n’a aucun lien avec le mec en question et mon premier choix, c’était plaque madréporique! Donc, M. Étoile est un surnom convenable. Il ne s’est rien passé. Fin.

Pas si vite.

16h30 : Rendez-vous dans « Le Rond »

20h00 : Départ avec, pour seul au revoir, un câlin.

Quoi?!?! Mais quelle connerie! Quoi encore? S’il-te-plaaaaaît, des mains baladeuses, des effleurements de lèvres, des sous-entendus. S’il-te-plaaaaît. Non. Un câlin! Un câlin! D’accord, je l’ai un peu cherché mais c’est trop long à expliquer. Je le repousse parce qu’il a une maîtresse… des maîtresses, ai-je eu la chance d’apprendre aujourd’hui!

Le pire, c’est de se rendre compte que les conversations meurent, qu’aussitôt sa maîtresse laissée, il s’en prend une autre, qu’il ne veut pas discuter philo avec moi, qu’il se plaint tout le temps. Je ne comprends pas. Habituellement, tout se finit, dans ma vie, par des couteaux tirés ou des adieux définitifs. Je ne suis pas de celles qui changent d’avis facilement.

Maintenant, c’est différent. Je ne vais pas le rappeller. Je ne sais pas s’il va me rappeller. Je m’en fiche. Presque. Pourtant, je me sens seule. Terriblement seule. Alors, s’il rappelle, peut-être aura-t-il une seconde chance car j’y ai cru et que, même si je n’y crois plus, je vais continuer à rêver, en me réveillant en sueur, que Mme Chiton et moi tenons la main à M. Étoile… et qu’elle doit mourir! Maintenant!

D’accord, il l’a laissée mais il y en a d’autres. Qui sait combien? Il est, disons, assez évasif sur le sujet. Elles sont toutes comme moi, jeunes et stupides. À une différence près, moi, puisque je suis consciente de ma naïveté, je garde mes vêtements le temps que mon cerveau cesse ces rotations diaboliques qui échauffent mon crâne et brouillent mes pensées.

Suis-je prude? Vous avez le droit de le penser. Est-ce que je me respecte plus qu’elle(s?)? Oui!

Il a dit qu’il arrêterait tous ces chassés-croisés amoureux dès qu’il rencontrerait une fille qui l’intéresse réellement.

Oups, nous nous sommes déjà rencontrés.

On se connaît? Oui.

Adieu M.

26.08.2006

Rectification

Je dois ici vous faire un petit aveu. J'ai un ami d'enfance qui, me connaissant depuis longtemps, a un jour fait certaines conclusions sur mes réflexions hasardeuses sur la vie. Je devais avoir 14 ou 15 ans et lui avoir fait une suggestion quelque peu... heum... originale. Et il m'avait répliqué "Personne ne peut comprendre ce qui se passe dans les méandres brumeux de ton esprit tordu."... ou quelque chose du genre. 

En conséquence, je dois préciser que cette expression n'est pas la mienne mais bien celle de Marc.

 

Cours de sociologie

J'ai peur ! Ils sont là. Bronzés, saouls et habillés en Parasuco. Qu'est-ce qu'ils font ? Je ne sais pas trop. Ils vident leurs portefeuilles pour se faire remplir leurs verres, espérant rencontrer un autre BCBG du Plateau pour l'embrasser sans lui demander son nom.

Il y avait une fille, et une autre fille. Elles se parlaient, nez à nez. Il y avait aussi un gars qui dansait langoureusement avec une autre. Et puis, comme ça, sans crier gare, ils ont échangé de partenaire. Et voilà que ça recommence, échange de salive en prime.

Trop drôle... quoique inquiétant. Malgré le ridicule de cet endroit, j'éprouvais une espèce de malaise. Comme si, sans savoir pourquoi, je sentais que je faisais partie de cette mascarade bien que je ne l'approuve absolument pas. Vous allez me dire : "Oui, on appelle ça vivre dans la société occidentale." Je vous répondrai : "Allez vous faire foutre bande d'imbéciles, j'suis pas comme eux!"... avec mon tact habituel. Toutefois, blague à part, que peut-on penser de ses bars qui ne servent qu'à faire mousser les ventes de condoms et d'alcool ?

Est-ce que c'est triste de devoir en arriver là pour vaincre sa solitude ?

Est-ce que ce serait drôle de filmer cet endroit à la manière du Canal Découverte qui prend des clichés de la parade nuptiale chez les diables de Tasmanie ? Oh que oui !!

N.B.: Moi et mes amis sommes partis après un verre. Très peu pour nous, les feux sauvages et les bières à 7$ la bouteille...


25.08.2006

Il n'appellera sûrement pas...

Pourquoi est-ce toujours comme ça ? Je n'comprend pas. Il y a toujours ce moment d'un romantique exquis, ce regard, ces sous-entendus.... et puis.... rien. En fait, non, pas rien. Voilà une scène que je vois se répéter pour la deuxième fois dans ma vie.

Tout va bien, alors je propose : " Tu veux venir chez moi ? "

-- Bien sûr !

 Ensuite, chez moi.

On parle, on parle, les yeux dans les yeux. Puis viens la question cruciale. Dans mon lit ou dans une chambre séparée? Toujours la même chose. Deux fois que j'fais dormir un mec tout seul avec, pour seule compagne, sa main droite. Qu'est-ce qui me prend? Je suis frigide? Féministe? Lesbienne ? Les trois? Non, non et encore non ! Idéaliste ? Oui ! Malheureusement, toujours déçue. Je me dis que si un gars avec qui je fleurte peut endurer de dormir sur le divan le premier soir, c'est déjà un pas vers la réussite. S'il peut endurer ça plusieurs fois, il vient de se gagner la nuit la plus endiablée de sa vie. Mais pourquoi est-ce si difficile d'attendre?

Coucher le premier soir? Essayé. Réalisé un mois plus tard que c'était un raté insécure et dépendant affectif. Depuis ce temps, je ne le fais plus. Qu'est-ce qui est pire ? Réaliser qu'un gars est un salaud avant d'avoir couché avec ou après ? Le pire c'est de réaliser qu'un gars qui nous plaît est un salaud. Point.

À quand la fin de l'adolescence?

Certaines choses ne s'expliqueront jamais pour moi. Pourquoi, à quelques pas de la rentrée universitaire, mes 18 ans bien sonnés, mes 19 ans dans un mois, ne puis-je pas avoir un comportement logique? Pourtant, ce ne sont pas les tentatives qui manquent. Mais, quoi que je fasse, mon meilleur ami se souviendra toujours de ma chute de 2 étages en bas de son balcon.... pour m'enfuir et me baigner dans le lac, alors que mon alcolémie touchait des sommets.

Pourquoi avions-nous bu autant, pourquoi écoutions-nous les chansons commerciales qui nous plaisaient lorsque nous avions 15 ans ? Je ne sais pas.

Plusieurs personnes disent que ma vie ressemble à un roman. En voici les premières lignes. 

Tout premier billet

Voilà !

Je fais maintenant partie du monde des bloggeurs. Je ne compte donner aucun contenu à ce billet. Ce n'est qu'une introduction. En gros : les sujets qui m'animent, mes interrogations sur à peu près tout... ainsi que les réponses farfelues que j'y aurai trouvées.

À bientôt 

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